Un scenario, 7 incidents, 15 séquences, tout est à prévoir
Les JOJ, c'est loin d'être un jeu d'enfants …
Un double assaut inattendu met en veilleuse les flammes olympiques pendant 60 minutes de crispation, de tension, d’attaques et de contre-attaques. Les évènements se déroulent dans un hôtel de la place, entre 10h 43 et 11h 40 ... Avec sept (7) incidents en quinze (15) séquences dans un récit époustouflant.
« Une crise ne s’arrête pas au dernier coup de feu » rappelle Colonel Diack … Le projet des ravisseurs tombe à l’eau comme des pétards mouillés. Les terroristes sont neutralisés mais l’opération « CERT.EX » ne fait que commencer…
Au poste de commandement…Mercredi 7 Octobre.10h 40. Sous l’œil avisé du Ministre de l’intérieur, Mouhamadou Mactar CISSE, le regard habile du chef de la diplomatie, Cheikh NIANG, sous l’attention particulière des autorités civiles et militaires avec les notes expertes des Chefs de la Police, Inspecteur général Mame Seydou NDOUR (DGPN), de la Gendarmerie, General Martin FAYE (HautComGend) et des Sapeurs-pompiers, General Mamadou NDOYE (BNSP) … Le Colonel Issa DIACK rembobine le film des évènements.
Nous sommes au quatrième jour des JOJ. Un bateau vogue doucement aux abords de Marina. C’est un danger qui flotte autour du complexe nautique. Jusqu’à 10h, c’est un calme plat qui règne dans ce réceptif. Les hôtes, quelques officiels vaquent à leurs occupations après le petit-déjeuner. Ils se promènent dans les couloirs de l’hôtel, ne soupçonnant aucun intrus malveillant dans ce coin paisible.
Une tempête en pleins JO
10h 43. La vie s’arrête à marina. Un commando débarque et s’introduit dans le complexe. Un groupe d’assaillants y sème la terreur. C’est le sauve-qui-peut. Les cris de détresse sont submergés par les bruyantes vagues. Un policier se sauve. Il lance l’alerte. Le poste de commandement opérationnel reçoit l’information qu’il transmet au Centre de coordination des opérations… Une folle entreprise de ces assaillants qui jouent avec la vie des olympiens. Ils n’ont qu’un seul argument : faire des JOJ, une caisse de résonnance. Juste un coup d’éclat, une tempête en pleine fête sportive.
Les encagoulés prennent en otages 27 personnes. D’autres ravisseurs déguisés en ouvriers capturent 23 personnes sur le chantier de l’hôtel.
Cette attaque terroriste synchronisée se déroule dans un même hôtel. Celui accueillant les officiels. Une situation inédite voire délicate avec cette menace venue de la mer amplifiée par des complices opérant sur la terre ferme. Pour le moment, aucun blessé n’est enregistré. Le premier bilan fait état de 50 otages sur deux sites.
Tout se joue entre la Terre, la Mer et l’Air…
Il faut réagir mais comment ? 10 h 56 minutes. Le signal est vite donné. Les unités d’élites entrent en jeu. La BIP d’abord qui se concentre sur sa cible principale. Une minute après, le GIGN encercle le Chantier. Les forces spéciales Terre ferment toutes les issues. L’espace maritime est sous contrôle des forces spéciales Mer.
Quatre minutes après la présence des forces, on négocie à partir d’une cellule isolée. 15 otages sont libérés. Deux unités aériennes posent sur le sol. Les pompiers sont prêts à sauver.
La mission du négociateur s’arrête quand les preneurs d’otages, après 5 minutes d’attentes décident d’exécuter un otage. Le Centre de coordination des opérations prend aussi sa décision. La BIP et le GIGN, chacun avec son morceau. Les forces spéciales Terre et les forces spéciales Mer font le reste. Le contrôle de la zone est assuré. Le job est fait. Les otages sont libres, les assaillants sont pris mais pas tous… Nous ne sommes pas donc à la dernière séquence du film.
A 11 h 38. Il faut débusquer le dernier des ravisseurs. Les unités d’élites sont à l’ultime minute de leurs manœuvres. Le pilote du commando blotti dans un coin de l’embarcation est enfin intercepté par les « forces spéciales Mer ». Il se dérobe et se jette à l’eau comme un poisson avant d’être pris dans les filets des « forces spéciales Air » et remis à la justice.
La situation est maitrisée. Le Centre de coordination des opérations donne la nouvelle en déplorant la mort d’un policier et l’exécution d’un otage dans cette palpitante opération qui enregistre huit otages blessés dont quatre graves.
Opération terminée, CERT.EX validé.
Ce n’était qu’une fiction. Le Colonel DIACK, directeur de l’exercice annonce la fin de la manœuvre. Une si belle mise en scène qui met en lumière l’art de neutraliser des assaillants.
« Ce matin, vous n’avez pas vu la Police, la Gendarmerie, les Armées et les sapeurs-pompiers côte à côte. Vous avez vu une seule force », se réjouit le colonel Issa DIACK Directeur de l’exercice. Le « scénariste-réalisateur » tire les leçons d’une cohésion construite au cours de plusieurs exercices entamés. Il précise que cette même « cohésion sera au rendez-vous le 31 octobre. L’enjeu est de taille, selon le Ministre de l’intérieur Mouhamadou Mactar Cissé qui souligne « l’importance et de la centralité de la prise en charge sécuritaire de cet événement majeur ». C’est pourquoi 14 600 personnels des forces de défense et de sécurité, des services de secours, des administrations et des collectivités territoriales qui sont mobilisés. Les JOJ vont réunir près de 2 700 athlètes de 151 nations. Ils seront suivis par plus de 200 millions de téléspectateurs.
Le casting a tourné autour de sept cents (700) figurants. Les unités d’élites, les principaux acteurs du film-manœuvre, ont bien assuré leur rôle. Les figurants issus des écoles de la Gendarmerie et de la Police, dans la peau d’assaillants, d’otages et de victimes ont émerveillé le public. Ces scènes filmées par des caméras HD et de drones ont offert un décor exceptionnel. Un hélicoptère, des embarcations d’intervention, des colonnes d’assaut, des ambulances sont mobilisés.
Ibrahima Benjamin DIAGNE
